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« Les civilisations ne sont
vraiment mortes que le
jour où elles ont perdu la
mémoire d’elles-mêmes.
En serait-il ainsi de la nôtre ? »

- Le Charivari -
Henri Rey - Flaud




                     
Le roi, le cheval chez les Indo-Européens.


Si pour certains idéologues indiens le sanskrit est originaire de l’Inde, les linguistes et archéologues occidentaux considèrent que les populations indo-aryennes habitaient à l’extrême nord de l’Inde, dans les régions steppiques, à l’ouest de l’Oural et au nord de la mer Noire et de la Caspienne.
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Les archéologues qui étudient cette période

1) – croient à l’existence d’une langue unitaire dite Proto-Indo-Européenne (Pie), source ultime de toutes les langues indo-européennes aujourd’hui attestées.

2) - attribuent cette langue à une population unique, souvent caractérisée par des traits physiques et génétiques.

3)- retrouvent cette population  dans une culture matérielle dont les marqueurs sont des inhumations comportant des squelettes entiers ou partiels de chevaux.


Partant de l’importance avérée du cheval dans les civilisations anciennes de langues indo-européennes et de l’existence du nom du cheval i-e, on pose en principe que le cheval fut domestiqué pour la première fois par une population de langue Proto-Indo-Européenne (PIE).

Le cheval étant natif de la steppe, on identifie ainsi le peuple PIE, considéré comme entité unitaire, à diverses cultures de la région du Dniepr et du Dniestr où l’utilisation ancienne du cheval et du char(iot) est bien attestée, en particulier celle des tombes à fosses. »

Il est probable qu’un groupe de cette culture (langue PIE), imposa sa langue et culture , à ses voisins. Mais on ignorera toujours tout de la langue des personnes inhumées, puisque l’écriture n’ayant pas encore été inventée.

La langue PIE devait être d’une grande complexité, car elle exprimait la pensée, le mythe et l’outil d’une prêtrise probablement itinérante qui privilégie l’ésotérisme. Le système politique reconstruit est celui d’une société de guerriers et/ou pasteurs dirigée par un roi, dotée d’une culture et d’une mythologie commune.

Les Aryas n’ignorent pas l’agriculture, mais ils sont avant tout ,des éleveurs itinérants ou migrants, amateurs de razzias et habitués aux combats. On peut chercher leur analogie

dans les groupes pashtounes infiltrés, puis installés en Bactriane afghane, à partir du début du 19 siècle. Principalement, bergers et bouviers, pratiquant la transhumance, très assurés de leur identité et agressifs, ils voyagent par petits groupes de 100 à 150 personnes qui peuvent , pour une fête, un marché ou une guerre, s’agglomérer en unités temporaires beaucoup plus importantes.






Rig Veda
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Le Rig Veda, hymnes associés à des rituels, contient très peu de descriptions soit de paysage ou sur  l’apparence physique des Aryas, pas plus que d’éléments descriptifs de leurs ennemis. L’opposition des ténèbres et la lumière se retrouve dans blanc/noir, le bien et le mal. « Cela n’exclut pas que les Dasyus aient été plus sombres de peau que les Aryas. Rien n’incite en tout cas à se représenter les Aryas, bronzés par plusieurs siècles d’errance dans le désert et montagnes du Turkménistan et de la Bactriane, sous l’apparence de géants à la blonde chevelure et aux yeux bleus »

Nulle description des vêtements et, peu ou rien, de leur armement : l’épée et le couteau sont seuls mentionnés. « Indra a le foudre et les flèches, les Maruts ont des lances ( ?) des hachettes ( ?) et des ornements d’or (anneaux, plaques) description métaphorique des éclairs et de la pluie qui les accompagnent. » 

Voyageant par petits groupes, avec des chariots, les Aryas avaient surtout une passion de guerrier pour le cheval attelé, le plus souvent brun, et le char de guerre, une passion d’éleveur dont la richesse consistait surtout en vaches et chevaux.

Les Aryas  peuvent demander ou espérer la protection d’Indra, ou le remercier de celle qu’il leur a accordée, parce qu’ils savent quel culte lui rendre. A l’inverse, les Dasyus/Dasas n’honorent pas Indra, ce sont les battus. Quand il y a guerre entre deux groupes aryas, c’est celui qui a le meilleur prêtre, le plus compétent, qui l’emporte.

Il n’y a donc ni opposition morale, ni sociale, ni ethnique, mais religieuse entre Arya/Dasu. Le mot « arya » désigne celui qui, suivant l’exemple de ses ancêtres, respecte les bons rites et coutumes brahmaniques. C’est la victoire du peuple le plus pieux et généreux pour ses prêtres et envers les Dieux « qui triomphe par la force du rite bien fait des impies ou des fourvoyés. » Pour être « arya » il est capital de parler sanskrit ou choisir des prêtres capables de composer en cette langue, les hymnes qui attireront la protection d’Indra.





Naciketas aux enfers
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Ceci est le récit, écrit en Sanskrit, d’une descente aux enfers, chez Yama, le dieu des morts.

Ce récit se trouve dans le Livre XIII, ch. 70 du Mahâbharata , gigantesque épopée sanskrite de l’Inde. Le sanskrit est une très ancienne langue indienne qui nous a laissé de très nombreux textes du XII siècle avant jusqu’au XVI, siècle après Jésus-Christ environ.

Vyâsa, auteur légendaire du récit, ou plutôt son compilateur, ( c’est ce que signifie vyâsa en sanskrit.) est un personnage mythique semi-divin, un rishi, qui participe à la création du monde et qui agit tout au long de l’histoire humaine.

Naciketas demande à son père Ushant, offrant tous ses biens lors d’un sacrifice : « à qui me donneras-tu ? » (sacrifice humain) Agacé, son père l’envoie chez Yama, le dieu des morts. Mais il avertit son fils, que le dieu sera absent. Lorsque le dieu reviendra, Naciketas devra le menacer de prendre tout ce qu’il possède, (descendances, bétail, mérites).

Quand le dieu Yama est de retour, il offre trois faveurs à Naciketas : ce dernier choisit celle de revenir à la vie, puis d’apprendre comment rendre un sacrifice éternel afin d’éviter la « seconde mort » (la réincarnation).

Dès le chapitre 58 du Mahâbharata, la question  porte sur le don (danam) : à qui donner, à quel moment (en fonction de certaines constellations ). Le don le plus important  est celui des vaches, le sacrifice qui mérite le plus de précautions.

De là,  l’importance du don inestimable de la vache. Le chapitre 70, ou l’Histoire de Naciketas,  confirme la valeur essentielle de ces dons.




« Asvamedha »

Le don le plus solennel de la religion brahamane était le « Asvamedha » ou sacrifice du cheval.  Ce don est le plus important des rituels royaux ; il établit la suprématie cosmique d’un roi. Il se substituait à d’antiques sacrifices humains et ne pouvait être célébré que par un roi, au début ou à la fin d’une guerre victorieuse.

Dans le livre du sacrifice du cheval, le roi Yudhisthaira règne dans la paix et la prospérité. Pour sa consécration, il célèbre le sacrifice du cheval.

Ce rituel exécuté par les rois était la représentation symbolique suprême de leur puissance et autorité. Le « Asvamedha » est une entreprise longue et compliquée, durant plus d’une année et comprenant une offrande de Soma de trois jours. Le Soma, boisson divine de la mythologie hindouiste est censée apporter la vie éternelle.

Le rituel peut être divisé en deux parties. Dans la première, après quelques préliminaires, un étalon spécialement choisi est relâché près de la capitale et erre à son gré à travers toute l’Inde. Pendant l’année qui suit, il est accompagné par des guerriers dont la tâche est de prévenir tout lien avec lui. La seconde partie du rituel, si tout se passe bien, a lieu dans la capitale, en présence d’un grand rassemblement de peuple. Le cheval est sacrifié en même temps que d’autres victimes. La reine prend une part active dans le sacrifice.

La description du sacrifice dans le Mahâbharata est liée aux exploits de Arjuna, fils d’Indra, le roi de tous les dieux, et figure principale du Bhagavad-Gîtâ. La reine Draupadî, épouse de Arjuna, ainsi que les épouses royales, sont impliquées dans le second rituel. Elles interviennent pour oindre le cheval avant qu’il soit étouffé. Après sa mort, la reine principale, ici Draupadi, se couche auprès de la carcasse, une couverture est placée sur eux, et la reine simule une copulation. La carcasse est dépecée et offerte dans un feu dont la fumée est purificatrice. Le cérémonial se termine par d’énormes largesses distribuées à tous les assistants, et l’assemblée se disperse.

« Mais il y a plus dans la royauté qu’une suprématie militaire : un roi, selon la tradition, possède des liens cosmiques avec un principe chtonique féminin et, de façon plus terre à terre, il doit produire un héritier. Il est donc naturel que Draupadî, comme reine principale, doive jouer un rôle dans le rituel, mais le point intéressant est qu’ici, le rôle conjugal d’Arjuna est pris par un cheval quoique post mortem. Draupadî est une épouse fidèle et bien évidemment, son accouplement rituel avec le cheval n’a rien à voir avec un adultère. Elle mime un rapport sexuel avec un substitut d’Arjuna, qui est lui-même ( le personnage)  central et le plus représentatif. » 

C.J. Guyonvarc’h, dans La civilisation celtique p.167-168, nous montre qu’il existait un rituel assez similaire dans le monde celtique p.167-168, nous montre qu’il existait un rituel assez similaire dans le monde celtique. La date qui nous est parvenue date de 1185 et provient d’un moine gallois, le Giraud de Cambrie. Le rituel d’intronisation royale d’Ulster comprenait le sacrifice d’un cheval blanc, après un simulacre d’union sexuelle, l’animal était ensuite découpé et partagé. Comme on l’imagine, ce moine chrétien n’était pas très objectif, il donne une description très péjorative de ce rituel païen qui le choque profondément. Il utilise le mot jumentum (bête de somme) pour qualifier le cheval, peut-être pour signaler le caractère bestial et dévalorisant d’une cérémonie dont le symbolisme lui échappe. Ce terme a souvent été traduit par « jument », d’autant plus que le rituel irlandais parle d’une hiérogamie entre le roi et l’animal, la reine étant remplacée par la jument.






Pourquoi Ulysse est-il devenu un cheval ?
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Extrait de l’article « Les cinq relations du héros. » de N.J. Allen, traduit par G.Schaufelberger.

Le comparatiste, grammairien, et anthropologue N.J. Allen, né en 1939, étudia la médecine à Oxford avant de se spécialiser dans l’anthropologie et la langue Thulung (Est du Népal).

Il se situe dans la tradition de Marcel Mauss et de Georges Dumézil. .

« …entre les épopées celtes, indiennes ou grecques, ne retrouve-t-on pas des schémas narratifs identiques qui amènent à penser à un modèle commun ? »

N.J. Allen, dans son article « Les cinq relations du héros », essaie de démontrer qu’une certaine partie de l’Odyssée et du Mahâbhârata, présente deux versions d’une même histoire.

Arjuna, fils d’Indra, le roi des dieux, est la figure principale du Bhagavad-Gîtâ, un épisode du Mahabharata. Arjuna ressemble à Ulysse comme Pénélope à Draupadi, épouse de Arjuna.

« Pouvons -nous supposer que Cuchulain s’éclaire grâce à l’Odyssée et au Mahâbhârata. ? »

L’auteur soutient que ces épopées remontent à l’époque PIE, et sont en relation avec les coutumes matrimoniales de cette époque.

Comme les Grecs, la tradition sanscrite a conservé deux épopées, le Ramayana et le Mahâbhârata. Ces épopées ont en commun avec celles des grecques qu’elles jouissent d’un immense prestige culturel et pédagogique.

Ces deux traditions étaient certainement orales avant d’avoir été écrites, et étaient associées à une activité culturelle.

                         

Allen dresse la liste des différences qui séparent Arjuna et Ulysse.



En voici quelques-unes :

-         Arjuna, bien que n’étant pas un roi, incarne un dieu. Ulysse est roi, mais totalement humain.

-         Arjuna voyage sur terre, mais visite des bassins sacrés.

Ulysse voyage sur mer, mais visite des pays de rencontre.

-         Arjuna va où il veut, Ulysse est à la merci des dieux et des éléments.

-         Pour Arjuna, le voyage est apparemment une pénalité préfixée pour une offense, mais sans souffrances. Pour Ulysse, le voyage implique bien des incertitudes et des souffrances.

-         Le voyage d’Arjuna est schématique en ce qu’il se conforme au schéma du centre et des quatre points cardinaux, celui d’Ulysse ne l’est pas.




L’auteur dresse ensuite la liste des similitudes globales.

En voici quelques-unes :

-         Les deux héros jouent un rôle central dans leurs épopées respectives.

-         Les deux héros sont mariés avant leur voyage respectifs et retournent auprès de leur première femme à la fin du périple.

-         Au cours de leur voyage chaque héros a eu quatre rencontres ou quatre liaisons avec d’autres femmes que la première épouse.

-         Dans les deux cas, trois de ces rencontres concernent des humains ou des êtres surnaturels. Les premières sont des liaisons  sexuelles, tandis que les autres ne le sont pas.

-         Les deux héros partent accompagnés, mais leurs compagnons se fatiguent, et à la fin du récit Ulysse et Arjuna se retrouvent seul.

-         Les deux histoires comportent une visite dans un monde inférieur. Le palais du roi des serpents est sous les eaux, Ulysse traverse l’océan vers l’Hadès.

-         Les deux visites comportent un rituel au feu, en l’honneur  des ancêtres.




La liste des analogies est loin d’être exhaustive !

-         Similitudes entre le pèlerinage d’Arjuna dans le Mahâbhârata et les errances d’Ulysse.

-         Similitude  entre le « Sacrifice du cheval » qui lie Arjuna 

             au cheval et la transformation d’Ulysse en cheval par Hals la sorcière, suivante de    Circé , grâce à ses potions magiques.

         - La rencontre des femmes dont deux ont des pouvoirs magiques :

         -Circé peut transformer les compagnons d’Ulysse en pourceaux, et vice versa,  aux        moyens de drogues.   

      -     Ulûpi possède une pierre magique qu’elle utilise pour ressusciter Arjuna.

-         Les deux femmes montrent une connaissance surnaturelle du passé. Circé connaît les chagrins et les malheurs des voyageurs. Ulûpi connaît les raisons de l’exil d’Arjuna.

 Bien entendu, ces quelques exemples ne recouvrent pas, loin de là, l’intégralité des observations de l’analyse de N.T. Allen.




Comment envisager une relation historique entre les récits grecs et indiens ?

Homère rédigea l’épopée grecque un demi millénaire plus tôt que l’indienne.

Aussi, Allen s’interroge : le récit a-t-il été apporté en Inde, soit par les troupes d’Alexandre, ou plus tard, ou même plus tôt ?

Pour arriver à une conclusion, il tire des récits, des arguments qui lui permettent de prouver  une quatrième fonction.

Pour ce faire, il se base sur des travaux de Dumézil (1979) qui compare les lois matrimoniales sanscrites et romaines.

Il dénombre d’abord trois modes de mariage qui correspondent aux trois fonctions.

-Don de l’épouse : assimilé à une offrande aux dieux, est spécialement recommandé aux              prêtres.

-Mariage par rapt : implique l’usage de la force physique,  est recommandé aux guerriers.

-Achat de l’épouse : implique un marchandage avec le père, est plutôt approprié aux marchands.

« Ces modes se rapportent respectivement aux domaines de la religion, de la force et de l’argent.

Chacun d’entre eux a un équivalent à Rome ( dans les lois matrimoniales romaines), …(l’auteur conclut) il s’agit bien d’une classification PIE ».

Mais, l’auteur repère deux rites supplémentaires du mariage:

-         Mariage par choix mutuel , Gandharva : la princesse choisit dans un groupe de princes qui se sont réunis en assemblée dans ce but et qui peuvent participer à une compétition.

-         Mariage en mode Paisaca :  l’homme s’unit en secret avec une femme  endormie, ivre ou folle.

L’auteur démontre alors  que les cinq relations d’Arjuna sont conformes aux cinq modes de mariage c’est-à-dire, au cinq fonctions.

-         Le mariage avec Draupadi se fait dans une assemblée.

-         La rencontre avec Vargâ et ses amies, mode Paisca.

-         L’union avec Subhadrâ est explicitement un mariage par rapt.

-         L’union avec Citrângadâ montre que Arjuna accorde un dédommagement à la mariée.

-         L’union avec Ulupî ressemble au mariage par don de l’épouse. Tout l’épisode est imprégné de références à la religion et au rituel.

La conclusion de l’auteur est  : « Le présent article montre que le corpus des récits PIE en incluait un autre  (mythe, épopée, légende) dans lequel un héros contractait cinq modes d’union ou de relation. Mais nous avons déjà accepté l’argument de Dumézil selon lequel, dans un contexte légal en tout cas, les PIE reliaient les modes de mariage (union) aux fonctions…il est plus que probable que ce soit l’épopée indienne la plus conservatrice. Ceci renforce ma conclusion précédente :  les similitudes du récit ne sont pas dues à des influences de la Grèce sur l’Inde.

…cela prouve que Dumezil avait raison en pensant qu’Homère était loin de son héritage indo-européen. »

 Daniel Dubuisson, C.N.R.S. de Lille III, dans une communication, parue dans « Ollodagos » ; au sujet d’une comparaison entre Draupadi et Medb « Regards sur quelques reines indo-européennes », conclut qu’en matière de royauté, les Celtes et les Indiens se sont montrés particulièrement conservateurs. Il cite en exemple un Ksatriya (guerrier), quand il devient roi, reçoit trois objets :

      -    Un vêtement sacerdotal

-         Une épée.

-         Des chaussures en peau de porc.

Draupadï exige un mari cumulant, royalement, un éventail de qualités assorties aux trois fonctions, avant d’épouser collectivement les Pändava, les cinq frères, dont les pères célestes ne sont autres que les dieux canoniques des trois fonctions.

De même Medb, comme Draupadi, ne réclame de ses maris que ce qu’elle possède au plus haut degré, exigeant par la bouche de son frère, un mari possédant une perfection non moins rare que la sienne.

                            

Je citerai, encore, le texte de M. Claude Sterckx (Ollodagos) qui s’interroge sur le patronage des routes, caractéristiques du folklore celte et européen.

Selon les régions, des princesses de légendes ou d’Histoire donnent leurs noms, à des routes, chaussées telles les reines Marguerite pour l’Auvergne, Juliette le Languedoc, Jeanne la Provence, Gille la Bourgogne, Brunehaut pour la Wallonie, Houdiatte la Lorraine,…ou encore « la Reine », « la Dame »,  « la Dame Blanche », et en Armorique, Dahud, la princesse responsable de la submersion d’Is. Toutes ces constructrices de routes sont des cavalières aux chevauchées célèbres. Brunehaut est restée dans la mémoire populaire par son supplice : attachée à la queue d’un cheval sauvage et traînée jusqu’à ce que son corps soit en lambeaux…le roi Grallon sacrifie sa fille en jetant Dahud à bas du cheval, dans les flots…

Et l’auteur s’interroge : « N’y aurait-il pas quelques lointains rapports entre ces reines cavalières et la déesse Epona, canoniquement figurée à cheval et dont les hypostases galloises et bretonnes- Rhiannon et Riwanon- sont aussi canoniquement associées à une grand-route »




Fresque du monastère bouddhiste de Bezeklik, Turfan (ca. 900 e.v.), illustrant deux dignitaires tochariens faisant un don d'argent à un saint moine.


LES MOMIES DU XINJIANG
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Les analyses proposées restent « comme toute hypothèse interprétatives sujettes à discussions.

En 1988, Victor Mair, sinologue américain de l’université de Pennsylvanie, en visite au musée de Ürümqi (Chine de l’Ouest) fut stupéfait de découvrir dans une nouvelle salle de la section archéologie, des momies qui n’étaient ni chinoises, ni mongoles, mais caucasiennes.

Les nez longs et droits, les yeux profondément enfoncés, les cheveux roux ou blonds, et les hommes portaient de fortes barbes.

En 1993, Mair décida de monter une expédition pour explorer la région où coule la rivière Tarim, dans le désert du Takla-Makan où se situait le lieu des découvertes.

Mair, accompagné du généticien italien, Paolo Francalacci et de Wang Binghua, le directeur de l’institut archéologique de Ürümqi, partirent le long de la route de la soie.

Ils visitèrent différents lieux de sépultures et prélevèrent quelques échantillons d’ A.D.N.

 Des articles scientifiques parurent dans la revue « Journal of Indo-european. » Ils étaient écrits par des archéologues, des experts en textiles, des historiens, des généticiens, des anthropologues et des linguistes. 

Mais, ce qui interpella les scientifiques, c’étaient les vêtements.

Grâce à la combinaison d’un climat très sec, 5% d’humidité et moins de 35 millimètres de précipitations par an, un sol contenant une forte concentration de sel ainsi que des hivers rigoureux, les bactéries n’ont aucune chance de développer un processus de putréfaction.

Mais, le plus extraordinaire était la technique de tissage des châles de laine qui enveloppaient certaines momies. Ces châles étaient des copies conformes de ceux trouvés dans les mines de sel près de Hallstatt en Autriche et qui datent de 1300-400 av. J.C. Ces vêtements furent tissés par les ancêtres des Celtes.  L’anthropologue Irene Good, de l’Université de Pennsylvanie suite à un examen sous le microscope d’un petit morceau de tissu, constata qu’il était tissé à partir de poils de mouton ou de chèvre. Chaque fil était teint en vert, bleu et brun pour former ainsi des carreaux. 

Le tissage prouve que les populations du Xinjiang avaient des métiers à tisser techniquement fort avancés. Selon Good, cette technique est « typiquement européenne ». En Allemagne, Autriche et Scandinavie, des échantillons datant approximativement de la même période furent trouvés.

« Une dizaine d’années après la tourmente germanique, Posidonius d’Apamée entreprit  des voyages de documentation, en vue de continuer, par ses Histoires, l’œuvre de Polybe. Parcourant la Gaule…l’historien grec s’aventura  loin vers le Nord…A l’explorateur méditerranéen  s’offrit un monde bruyant et coloré : Posidonius vit les Celtes porter des vêtements « effarants », des tuniques enjolivées de nombreuses couleurs variées, des pantalons qu’ils appelaient « braccae », ainsi que des manteaux rayés, épais en hiver, légers en été, ornés de carrés et richements colorés. » p.21 « L’empreinte de Rome »-M.E.Mariën

Y avait-il une relation entre les Celtes et les Chinois du Turkestan ?

La solution de ce problème réside dans la langue. Dans le sable du désert du Takla-Makan des documents en diverses langues ont été trouvés, dont le thocharien, une langue disparue au VIII siècle après J.C. suite à l’arrivée des Oeigoers de langue turque. Ainsi que le celtique, le thocharien, dont il existe deux variantes, fait partie des langues indo-européennes.

Il y a de fortes présomptions que les techniques de ce type de tissage sont nées dans cette région et que les ancêtres des groupes parlant le celtique et le thocharien furent parmi les premiers à se séparer du PIE.L’un prit la route de l’Ouest l’autre pris la route de l’Est. Suite aux informations des recherches pluridisciplinaires effectuées sur les momies de Tarim, Mair et Mallory ont dressé comme hypothèse de travail, le modèle suivant : les plus anciens habitants arrivés des steppes, ont pénétré par le Nord, le désert du Takla-Makan, 2000 ans avant J.C. Les techniques d’irrigation nécessaire à la survie au versant nord du désert, furent acquises au contact de cultures indo-iraniennes. Plus tard, d’autres peuples venus de l’Ouest se sont joints aux plus anciens habitants et furent, pour une part, assimilés par les Thochariens.

Dans les documents de la dynastie chinoise des Han (206 av. J.C. et 220 apr. J.C.) ces peuples ainsi que d’autres à l’ouest de l’empire sont désignés en tant que Yuezhi, Wusun. Leur arrivée est attestée par des emprunts à la langue indo-iranienne par les Thochariens.

Mais en Asie centrale nous pouvons toujours , mettre en perspective les momies de l’Altaï et leur mobilier avec les trouvailles de même nature, effectuées au Xinjiang.

Dans des Kourganes de l’Altaï, dans le mobilier funéraire, se trouvent des chevaux immolés  coiffés de bois, ou de cornes postiches ainsi que des chevaux sacrifiés  munis de masques de cerfs.

L’art rupestre apporte la preuve que cette pratique fut bien plus répandue qu’on ne pourrait le penser, et qu’elle a commencé dès l’âge du bronze, avec une grande variété d’animaux composites.

Dans plusieurs nécropoles, datées de la fin du second millénaire aux premiers siècles de notre ère, se retrouve toute une gamme de cultures archéologiques agro-pastorales et/ou nomades pastorales, mais qui présentent toutes des points communs avec leurs voisines septentrionales.

Bien d’autres éléments vont dans le même sens et rapprochent certaines cultures du Xinjiang de celles de l’Asie centrale : ornements corporels peints et tatouages, parures, costumes, pratiques funéraires et alimentaires, métallurgie, etc… 

Quelques siècles avant notre ère, le désert du Takla-Makan était, aussi bien pour les Grecs et   les Chinois, terra incognita et sur leurs cartes, à cet emplacement figuraient, des monstres. La route de la soie draina un courant d’inventions chinoises vers l’Ouest.

Ainsi, ils furent à l’origine de l’imprimerie, du papier, du compas magnétique, des socs de fer de la charrue, de la poudre à canon. Mais, affirmer que l’Empire chinois s’était développé seul en se coupant d’un monde occidental arriéré, est absurde.  Pendant la préhistoire, la vigne, le mouton, la laine, le char de combat, donc la roue, le cheval, furent introduits en Chine.

Des fouilles dans le district chinois du Xinzzheng  ont mis à jour six grands et  moyens tombeaux dont deux contenant des chariots. La revue « Cultural Relics World », un mensuel en langue chinoise, met bien en relief l’utilisation des chevaux et des chariots comme moyens de transport et comme véhicules de guerre sous la dynastie des Zhou (1O64-256 av JC.)

Les chevaux jouent un rôle important dans l’image du pouvoir et de la beauté ; aussi les tombeaux sont décorés de chevaux et de chariots pour perpétuer ces symboles.

C’est, en effet, une période de la Chine antique où les sacrifices de chevaux faisaient partie d’un système de rituels compliqués.

Pour Ma Juncal, un archéologue de la province du Henan, les chevaux sacrifiés étaient placés sur le dessus des tombes et en dessous d’eux, les chariots. « Les chevaux du sacrifice ont été érigés uniquement pour le rituel, alors que les chevaux ( des tombes à chariots) sont plus grands et ont apparemment travaillé sur des chariots avant d’être tués ».

Pour marquer la noblesse des rois Zhou, selon la tradition dynastique, leurs chariots de sacrifices étaient ornés de jade, bronze, ivoire, cuir ou bois.

Les surveillances archéologiques ont mis à jour 800 tombeaux et 19 sites de chariots enterrés sur une surface de 250.000 m2 dans la ville de Xinzheng. Il a été estimé qu’un total de 2000 tombes se trouveraient dans cette zone.

L’importance du cheval dans la Chine antique est telle, qu’il est lié à la découverte du ver à soie. Dans le conte la « Dame à la tête de cheval », un père  enlevé par des brigands est sauvé par son cheval. Mais le cheval se mit à hennir sans arrêt et refusa de manger et de boire.

Le père, prit de colère, tua le cheval, puis il en fit sécher la peau dans la cour.

Mais quand sa fille passa à côté, la peau s’élança, l’enveloppa et s’envola avec elle sur un mûrier, où elle se transforma en ver à soie.

Les peuples qui à partir de 2000 av., J.C. sont arrivés dans le désert du Takla-Makan, ont amené leurs techniques vers l’Est. Les momies en sont les témoins silencieux. Malgré l’arrivée des Oeigoers et celle, massive, des Han sous les ordres de Mao, pendant les années cinquante, le sang des anciens peuples coule toujours dans les veines des habitants actuels du XINJIANG, l’examen génétique le prouve.

Le cheval, l’âne, et la contre règle.
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Le cheval était le symbole, par excellence, du pouvoir, dans l’Europe préhistorique.

Il est le bien le plus précieux d’un Celte . Déesse gauloise des chevaux, Epona sera introduite dans le panthéon romain. Dans la région des Ardennes, la découverte de tombes à char, semblerait indiquer que les Celtes, dans cette région, y pratiquaient l’élevage des chevaux.

La région de Neufchâteau renferme une soixantaine de tombes à char, soit plus que dans l’Hunsrück-Eifel, soit une concentration dix fois plus forte qu’en Champagne.

Une tombe sur dix renferme un char, soit l’équivalant d’au moins un cheval en état d’être attelé pour cinq personnes décédées. Ceci expliquerait la présence, dans la région ardennaise, de la plus intense concentration de tombes à char de toute l’Europe celtique.

A leur arrivée , les armées romaines n’ont plus rencontré ces chars qu’en Grande-Bretagne.

Possédant des chevaux suffisamment grands, la cavalerie va supplanter les chars au cours du II° siècle avant J.C. Avec leurs grands chevaux, la cavalerie trévire aura beaucoup de succès, d’abord contre les Romains, ensuite au sein des armées romaines.





L’homme cheval.
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Le roi Marc’h, possédait un cheval, Morvarc’h = le cheval marin, qui galopait aussi bien sur terre que sur mer. Suite à une partie de chasse, la flèche décochée à une biche, dévia de sa course et tua le cheval du roi. La biche se transforma en Dahaut, la princesse d’Ys qui, pour punir le roi, l’affubla de la crinière et des oreilles de son cheval.

La crinière devint de plus en plus longue, et il fallut des ciseaux enchantés pour arrêter la pousse des poils. Le roi fit promettre au coiffeur de ne rien dire, sous peine de mort.

Mais, le bonhomme torturé par son secret, creusa un trou dans lequel il cria son secret, puis le reboucha. Pour le mariage de sa sœur, le roi fit appel à des musiciens.

Ceux-ci passent près de l’endroit où le coiffeur avait dit le secret, et cueillent des roseaux pour les mettre au bout de leurs instruments. Quand le roi arriva et qu’ils se mirent à jouer, on entendit : « Le roi Marc’h porte la crinière et les oreilles de son cheval Morvach »

Le roi humilié et rouge de honte, quitta son royaume car, ainsi affublé, il était dans l’incapacité de régner. Les musiciens sont des bardes, ils jouaient une musique qui dans sa perfection est d’essence divine, elle relève de la magie de l’Autre monde.

 Dans ce cas, le roi Marc’h, n’a  d’autre solution que la fuite. Il a surtout à craindre la satire, incantation magique prononcée par un membre de la classe sacerdotale. La mort ou le désespoir de la victime en est la conséquence.

La similitude avec l’histoire du Roi Midas et de son coiffeur en fit une anecdote très répandue dans toute l’Europe de l’antiquité.

Le Roman de Fauvel.
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Histoire satirique, composée par Gervais de Bus, notaire de la chancellerie royale, entre 1310 et 1314. Elle visait surtout le roi de France ,Philippe IV le Bel, mais aussi le pape, les mendiants et templiers. « Les rois mentent, les riches flattent, le clergé se livre au vice, les marchands mentent, les juges sont sans pitié, même les enfants sont déloyaux… »

Fauvel est moitié homme et moitié cheval, il est l’idole, la bête sacrée devant laquelle tout le monde s’incline. Pape, cardinaux, princes, évêques, moines, pauvres clercs, c’est à qui torchera Fauvel d’une main douce et caressante.

Fauvel personnifie  tous les vices : le mensonge, l’orgueil et la sensualité, etc…

Mais quand Fauvel  épouse Vaine Gloire, une suivante de Fortune,  les habitants de la ville manifestent bruyamment leur mécontentement face à cette union monstrueuse.

                                         

                                               Près de sa femme saute au lit.

                                               Mais jamais tel charivari

                                               Ne fut fait par ribauds au-dehors

 

C’est le cavalier Hellequin qui conduit le charivari sous les fenêtres du château, où se déroule la nuit de noces du cheval Fauvel et de sa femme.

 

Simulacre de ces reines, simulant la copulation avec le cheval sacrifié pendant le rite « Asvamedha » ?

 

Ailleurs en Europe, la ronde était conduite par le Cheval , la Jument,  ou le Cerf.

Sous la pression des autorités ecclésiastiques, le cheval fut remplacé peu à peu par un âne, plus proche du symbolisme biblique.

 Ainsi à Pézenas, c’est un cheval fait de bois et de cerceaux de châtaigniers, recouvert d’un tissu bleu fleurdelisé. La tête est recouverte d’une peau de cheval, et on l’orne de rubans

et de grelots.

La messe de l’Ane.
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L’âne était le personnage  préféré et le plus important.

Il se retrouva tout naturellement mêlé aux solennités de l’Eglise.

La fuite en Egypte, l’entrée du Christ à Jérusalem, son rôle qu’il avait assumé dans ces récits,  permettait de l’honoré.  

Aussi, l’âne arrivait magnifiquement harnaché et était reçu dans le chœur de l’église. L’animal devait subir jusqu’au bout, une grotesque cérémonie d’individus qui multipliaient

les génuflexions en son honneur et le couvraient d’un nuage d’encens.

L’assistance chantait des couplets qui, invariablement, se terminaient par Hé !Sire âne, hé !

Ajoutant à ce refrain un immense concert de hi han ! hi han ! que le héros de la fête couvrait bientôt de sa formidable voix.

Ces fêtes s’inspiraient des mystères,  mais dégénérèrent en désordre ce qui était loin de plaire aux autorités religieuses. Dès la fin du XII° siècle, bulles papales et décrets conciliaires visèrent à interdire la fête des Fous. C’était parmi le bas clergé que se trouvaient les plus chauds partisans de cet usage. Deux chanoines d’Evreux, pour avoir voulu s’y opposer, furent pendus au clocher de la cathédrale par les clercs. Un docteur d’Auxerre soutenait publiquement que la fête des Fous était aussi sainte et légitime que celle de la « Conception de Notre Dame ». Digne ancêtre de Rabelais, il s’écriait : «  Les tonneaux de vin crèveraient si on ne leur ouvrait quelquefois la bonde… »  Malgré les interdictions, en 1620, le concile provincial de Bordeaux était encore obligé de condamner formellement les danses qui se célébraient dans l’église, le jour de la fête des Fous.

La contre-règle
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Le terme de contre-règle est connu. Le « Lord of Mis-Rule » ou « Seigneur de la Contre- Règle » désigne un des aspects du chasseur maudit qui, en Angleterre notamment, faisait son entrée dans les églises, à certaines périodes de l’année, au cours de rituels charivariques et symbolisait ainsi l’inversion de la Règle, ce qui nous renvoie à Hellequin.

La fête du Seigneur de la Contre-règle est attestée en Angleterre à la fin du XVI siècle.

«  Et ce « seigneur » diabolique, venu proclamer dans le saint lieu, les droits imprescriptibles de la « contre-règle » qu’il incarne, de la loi d’avant la loi, livre, à découvert, son véritable visage archaïque, à Abbots Bromley dans le Staffordsshire, quand il fait irruption dans l’église, pour la nuit de Noël, monté toujours sur le traditionnel cheval de bois (Hobby-horse), mais accompagné cette fois de cinq autres danseurs, arborant tous de gigantesques bois de rennes. »

« Les envahisseurs du solstice d’hiver » qui composent la horde sauvage, ravisseurs de femmes, sont pleinement de second fonction avec l’union Subhadrâ qui implique l’usage de la force physique recommandé aux guerriers.

 

Les Douze Nuits  débutent pendant la nuit de Noël et s’achèvent à L’Epiphanie…

 

 

Georges Timmermans.

 

 

Histoire du monde indien-Par le professeur M.Gérard Fussman.

Séminaire : Les Aryas en Asie centrale, en Iran et en Inde.

 

Extrait de l’article « Les cinq relations du héros. » de N.J. Allen, traduit par G.SCHaufelberger. (Net)

 

Henri Rey-Flaud – Le Charivari p.39

 

NCR Handelsblad-wetenschap.

 

Preistorische bewoners van West-China waren blanken.

Blonde mummies uit Xinjiang

Dirk van Delft

 

Het raadsel van de mummies van Xinjiang.

Door Evan Hadingham




Georges Timmermans






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